2026 : la fin des influenceurs, ta chance de placer tes beats
Comment construire ton réseau, faire circuler ta musique et créer des hits sans devenir viral

Tout le monde a du mal à croire que j'ai vraiment démarré dans ma chambre, dans un village de moins de 200 habitants en Belgique.
On est en 2020. C'est le confinement. Je suis en claquettes chaussettes, j'ai pas un rond sur mon compte en banque et j'ai juste ma guitare, mon ordinateur et Internet.
Je ne suis pas fait pour être influenceur. Mais j'avais envie que mes guitares arrivent chez des producteurs qui pourraient créer avec.
Alors j'ai commencé à les chercher moi-même.
Aujourd'hui, quand tu cherches comment faire entendre tes beats, tu tombes vite sur les mêmes conseils : poste plus, filme-toi, suis les tendances. Comme s'il fallait d'abord devenir bon devant une caméra avant de pouvoir vivre de ta musique.
Et si c'est pas ton truc ? Si ce que tu veux, c'est créer, collaborer et placer tes morceaux ?
Quand je parle de la fin des influenceurs, je ne dis pas qu'ils vont disparaître. Je parle de cette idée que pour créer des opportunités, il faudrait d'abord en devenir un.
Il y a d'autres façons de faire. Trouver les gens avec qui ta musique peut fonctionner, leur parler directement et leur donner accès à ce que tu crées.
C'est comme ça que j'ai commencé. Et c'est ce que je veux te montrer ici, pour que tu puisses le faire avec tes propres beats.
Une guitare, 2 pays, 1 morceau
Au début, je trouvais mes premiers contacts sur une plateforme de producteurs et sur les réseaux. Je prenais contact avec eux, je parlais de musique, et je leur proposais mes guitares gratuitement s'ils étaient intéressés.
Je n'envoyais pas ma musique directement. Je demandais d'abord si la personne était intéressée.
Petit à petit, j'ai constitué une liste email de producteurs qui voulaient recevoir mes guitares. À l'époque, j'ai ensuite proposé mes guitares sur ma propre plateforme. Quand j'ai vu qu'il y avait de l'intérêt, j'ai investi dans des publicités pour toucher plus de producteurs à travers le monde.
Un jour, Tempoe, un producteur au Nigeria, a découvert et téléchargé une de mes guitares sur cette plateforme. Elle s'appelle Circle. Elle l'a inspiré et a contribué à donner naissance à Soweto, avec Victony.
Moi, j'étais en Belgique. Lui, au Nigeria.
Sans la plateforme, il n'aurait pas découvert cette guitare de cette manière. Et sans cette guitare, Soweto n'aurait pas pris cette forme.
C'est ça que je trouve fou avec Internet. Tu peux enregistrer quelque chose dans ta chambre, le mettre à disposition, et quelqu'un à l'autre bout du monde peut entendre une possibilité que toi, tu n'avais même pas imaginée.
Aujourd'hui, mon catalogue compte plus de 500 crédits. La plupart de mes collaborations sont nées de la même démarche : rendre mes guitares accessibles aux bonnes personnes. Il y en a même beaucoup dont je ne suis pas encore au courant.
Et toi, qu'est-ce que tu peux mettre en place pour que tes créations rencontrent des gens ?
La musique est un sport d'équipe
Tes beats ne vont pas être placés en prenant la poussière dans ton disque dur.
Une mélodie toute seule, c'est déjà une idée. Mais donne-la à un autre producteur et il peut entendre une batterie que tu n'aurais jamais mise. Ensuite un artiste pose sa voix, quelqu'un fait écouter le morceau à son réseau, et l'idée continue de grandir.
Chacun a ses forces et ses relations. Plus tu crées avec d'autres personnes, plus ta musique a de chances de rencontrer leurs réseaux aussi. C'est comme ça que je vois les choses.
“With collaboration, it’s the combination that makes it exciting.”
C'est ce qui rend une collaboration intéressante : tu amènes ce que tu sais faire, l'autre amène sa manière d'entendre et l'idée devient quelque chose que tu n'aurais pas forcément créé seul.
Tu n'as pas besoin de convaincre tout Internet. Quelques personnes avec qui ta musique peut fonctionner, c'est déjà un début.
I. Les bonnes personnes
Tout commence avec ce que tu sais vraiment apporter. Moi, c'était la guitare. Pour toi, ça peut être les drums, les mélodies, l'écriture ou une voix. Plus ta contribution est claire, plus c'est facile pour quelqu'un de comprendre comment créer avec toi.
Tu peux savoir faire plusieurs choses. Mais quand tu contactes quelqu'un, montre-lui ce qui complète son travail. Si l'autre fait déjà tout ce que tu proposes, qu'est-ce que vous allez construire ensemble ?
Une mélodie qui laisse de l'espace pour une batterie peut parler à un producteur. Une instrumentale avec de la place pour une voix peut inspirer un artiste.
Ensuite, cherche des producteurs, artistes ou songwriters dont tu aimes le travail. Tu peux les trouver dans des communautés, sur les réseaux, par email ou à travers les personnes que tu connais déjà.
Avant d'écrire à quelqu'un, j'écoute ce qu'il fait. Quelle place ma mélodie pourrait avoir dans ses beats ? Qu'est-ce que je peux lui apporter qu'il ne produit pas lui-même ?
Son nom, le morceau que tu as écouté et ce qui t'a donné envie de le contacter suffisent pour garder une trace. Être connu ne suffit pas à créer une raison de travailler ensemble.
Une liste de 10 personnes dont tu aimes le son, avec ce qu'elles font et ce que tu pourrais leur apporter, c'est déjà un début de réseau.
II. Le contact avant la musique
Tu reçois un lien d'un inconnu. Aucun contexte. Pourquoi il te l'envoie ? Qu'est-ce qu'il attend de toi ? Et est-ce qu'il a seulement écouté ce que tu fais ?
Quand cette personne a écouté ton dernier morceau et te parle d'un détail qu'elle a aimé, tu comprends déjà pourquoi elle t'écrit.
Quand j'ai commencé, je proposais directement mes guitares exclusives. J'allais droit au but. Je commençais par un compliment ou par quelque chose qu'on avait en commun, puis je demandais si la personne voulait en recevoir.
J'appelle ça les 2 C : compliment et point commun. Les 2 doivent être sincères. Pas besoin d'inventer une histoire pour créer une relation.
Voici un exemple fictif à adapter en 2 lignes :
« Salut [prénom], j'aime beaucoup [détail de ton morceau]. On partage [point commun].
Je fais des [guitares / loops / mélodies] exclusives. Ça t'intéresse que je t'en envoie ? »
Une proposition exclusive reste exclusive seulement si c'est réellement ce que tu proposes. Le premier message sert à savoir si la personne est intéressée, pas à lui envoyer tous tes fichiers.
Si elle dit oui, une petite sélection adaptée en MP3 ou une preview suffit pour commencer. Si elle aime et souhaite recevoir tes prochaines créations, tu peux lui demander où elle préfère les recevoir. Tu peux construire ta liste email avec ces personnes-là.
Et si elle ne répond pas ? Tu peux revenir vers elle plus tard avec respect, puis continuer à rencontrer d'autres créateurs. Une relation se construit à 2.
III. Préparer sa musique et garder le contrôle
Le producteur te dit oui. Maintenant, qu'est-ce que tu lui envoies ?
Quelques idées qui correspondent à ce qu'il crée valent mieux que 40 fichiers sans nom clair. Dans ce cas-là, c'est lui qui doit faire tout le tri.
Dans mes noms de fichiers, je mets mon nom, le titre, le BPM et la Key. Voici le format que j'utilise comme modèle :
« GRAUX - [Titre] - [BPM] - [Key].mp3 »
Pourquoi ? Ton nom permet de retrouver qui a créé l'idée. Le titre permet de la retrouver dans votre échange. Le BPM et la Key aident l'autre à commencer sa session sans devoir te demander les informations de base. Si tu ne connais pas une information, ne l'invente pas.
Mais le nom du fichier, c'est seulement le début. Avant d'envoyer quoi que ce soit, j'ai besoin de savoir ce que contient chaque idée. Sinon, comment je choisis la bonne guitare pour la bonne personne ?
Comment je classe mes idées
BPM. C'est le tempo : le nombre de battements par minute. Il m'aide à retrouver une idée qui peut fonctionner avec le rythme recherché. 100 BPM, c'est une indication de vitesse, pas une ambiance.
Key. C'est la tonalité de l'idée : par exemple F# mineur. Elle donne à l'autre créateur un repère pour savoir avec quelles notes travailler.
Mood. C'est l'émotion ou l'ambiance que j'entends dans l'idée : mélancolique, joyeuse, tendue, rêveuse. Une mélodie peut par exemple être mélancolique, même si le son de la guitare est chaleureux.
Style. C'est l'univers musical dans lequel j'imagine l'idée. Je peux indiquer un style principal et des sous-styles pour être plus précis : par exemple hip-hop, puis trap.
Tone. C'est tout ce qui décrit la matière sonore et la façon dont elle a été travaillée : les instruments, la texture, les techniques de jeu, le mix et les effets. Par exemple une guitare acoustique, un son chaud, une texture brillante ou une grande réverb. Ça me permet de savoir ce que j'entends concrètement dans l'audio.
Artist. C'est l'artiste que je pourrais entendre sur cette idée. Ce nom me sert de repère pour retrouver un univers et imaginer à qui la proposer.
Par exemple, une mélodie fictive peut être classée comme ça : 100 BPM, Key F# mineur, Mood mélancolique, Style hip-hop / trap, Tone guitare acoustique, son chaud et réverb. Tu peux ajouter le nom d'un artiste que tu entends vraiment dessus. D'un coup, tu sais mieux à qui la proposer et pourquoi.
Moi, c'est comme ça que je prépare ma bibliothèque avant d'envoyer. Je compare ces informations avec ce que la personne crée, puis je sélectionne quelques idées qui ont des chances de lui parler. Pas besoin d'envoyer 40 fichiers au hasard.
Et ça marche dans les 2 sens. Dans Water, ces caractéristiques servent à décrire mes audios et à les retrouver. Elles peuvent aussi servir quand je cherche une idée : je pars du Mood, du Style, du Tone ou d'un Artist, puis j'affine avec le BPM et la Key.
Moi, je n'envoie jamais les stems dès le début. Je commence avec un MP3, une preview. Ça suffit pour que l'autre entende l'idée et me dise si ça lui parle.
Si quelque chose se concrétise, on discute de la suite et j'envoie les stems progressivement, quand ils sont nécessaires au projet et que les conditions sont claires. Ça me permet de garder du levier sur mon travail.
Pour un beatmaker, la preview peut être un MP3 de l'instrumentale. Pour un songwriter, une démo de voix peut faire entendre la direction. Les pistes séparées restent disponibles pour le moment où le projet en a besoin.
Un suivi des échanges permet de savoir à qui tu as écrit, ce que tu as envoyé, si la personne a répondu et ce que vous avez décidé de faire ensuite. Un tableau simple suffit au début.
Si vous décidez de sortir le morceau, prenez le temps de clarifier qui a fait quoi et les conditions. Envoyer une idée gratuitement pour commencer à créer ensemble ne veut pas dire abandonner tes droits.
Un premier pas à ta portée
Tu peux faire tout ça à la main : tes fichiers dans des dossiers, tes contacts dans un tableau, tes échanges par message ou par email. Ça fonctionne. Quand le nombre de créations et de contacts grandit, il faut prendre le temps de tout ranger et de retrouver ce que tu veux partager.
Aujourd'hui, j'utilise Water pour rendre mes guitares accessibles aux producteurs. Sur mon profil, tu peux écouter mes créations et voir comment elles sont présentées : des idées disponibles pour que d'autres puissent créer avec.
3 points pour commencer
- Une liste de 10 personnes dont tu aimes le son, avec leur rôle, le morceau que tu as écouté et ce que tu pourrais leur apporter.
- Une bibliothèque organisée : ton nom, le titre, le BPM et la Key sur tes fichiers, puis le Mood, le Style, le Tone et les Artist que tu entends sur chaque idée. Ces repères t'aident à choisir ce qui correspond à chaque personne.
- Un premier message de 2 lignes à une personne de ta liste : un compliment sincère, un point commun si vous en avez un, puis ta proposition. Si elle est intéressée, une preview MP3 permet de commencer.
Si tu veux que l'IA t'aide à préparer ça, ce prompt peut servir de point de départ :
« Je suis [beatmaker / songwriter / musicien]. Ma spécialité : [ma spécialité]. Mes styles : [styles]. Peux-tu m’aider à trouver 10 collaborateurs pertinents ? Si tu as accès à Internet, j’aimerais des profils avec un lien vérifiable vers leur musique. Sinon, tu peux me demander leurs noms. Pour chaque personne, j’aimerais noter son rôle, ce que j’aime vraiment dans son travail et ce que je pourrais lui apporter. Je préfère laisser vide toute information inconnue plutôt que de la deviner. Peux-tu aussi m’aider à organiser mes créations par titre, BPM, Key, Mood, Style principal et sous-styles, Tone et Artist, puis à préparer un premier message de 2 lignes ? Je voudrais un compliment sincère, un point commun réel si j’en ai un, et une proposition qui demande si la personne est intéressée. L’exclusivité ne s’applique que si elle est réelle. Je garde la décision et l’envoi du message. »
L'IA peut t'aider à organiser les idées et à trouver les mots. C'est toi qui écoutes les morceaux, qui vérifies les informations et qui décides à qui tu veux écrire.
Qu'est-ce qui te retient aujourd'hui de préparer ta liste et de contacter la première personne ?
- Sébastien
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